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Obsèques de Xavier Beulin

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Le 28/02/2017 à 15:23 I Soyez le 1er à déposer un commentaire

Discours prononcé par Eric Thirouin, au nom de la FNSEA, lors des obsèques de Xavier Beulin.

Monsieur le Président de la République
Monsieur le Premier Ministre
Mesdames et Messieurs les Responsables des Hautes Autorités

Chers Amis,

Xavier nous a quittés et les messages de soutien arrivent de France métropolitaine et d’Outre-Mer, d’Europe, mais aussi du Monde entier.

Vous êtes d’ailleurs, venus par milliers, ici, en cette cathédrale d’Orléans, sur sa terre, pour lui rendre hommage.

Au nom de la FNSEA, au nom de l’ensemble de notre réseau, au nom des agriculteurs Français, je voudrais dire combien nous partageons votre peine et adresser toutes nos pensées à Monique, sa Maman, à Laurence, son épouse, aux enfants de Xavier, à ses frères et sœurs, à l’ensemble de sa famille rassemblée ici.

On dit souvent que le syndicalisme est également une famille.
Une famille professionnelle, une famille de cœur, une famille de combats et de débats.
Alors voilà Xavier toutes tes familles sont dans la peine et dans une profonde tristesse. Mais toutes sont là devant toi, pour te rendre hommage.

Xavier était le premier des syndicalistes, notre capitaine, l’inspirateur de la stratégie et de la vision, engagé permanent dans la recherche et l’innovation, notre chef.

L’œuvre de ta vie est immense. Je ne vais donc pas essayer de tout dire sur toi, Xavier.
On ne peut pas complètement te décrire car tes talents, tes projets, tes envies étaient plus larges que tout ce que je pourrai évoquer.
Je vais donc m’attacher à l’homme que tu étais.

Tu étais secret, discret. Tu étais sous contrôle, mais c’était pour mieux te protéger, protéger tes émotions et protéger les tiens. Chacun de nous pouvait sentir ton humanité à fleur de peau.

Ceux qui t’ont côtoyé savent combien tu voulais, bien faire, et porter haut la parole syndicale. 
Ceux qui t’ont injustement critiqué, au-delà de se tromper, se sont fourvoyés. 
A force de ne penser qu’à l’image, ils en ont oublié le cœur.
Ton cœur, un cœur qui vient de cesser de battre.

Xavier, je voudrais, ici, te remercier pour la confiance que tu m’as accordée, que tu nous as accordée.

Oui, nous, qui te connaissions, nous savions ce qu’était ta confiance. 

En effet, quand tu accordais ta confiance, pas besoin de parler, pas besoin de se répéter, pas  besoin de rendre compte.

On savait qu’on pouvait travailler, qu’on pouvait gérer.
La confiance, c’est ce sentiment qui n’est pas inné, qui est le reflet du faire ensemble et du partage. 

Grâce à elle, nous avons réussi, des petites choses, des grandes choses, le possible et souvent l’impossible.

Xavier tu étais un homme libre, totalement libre et cette liberté était ta force.

Libre, en raison de ton inlassable curiosité qui te faisait découvrir avec bonheur et passion, de nouvelles idées, de nouvelles raisons de croire.

Libre, car les nouveaux horizons t’évitaient d’être prisonnier des schémas du passé. 

Libre, car tu refusais les cases, les catalogues, alors que les réalités du monde sont si complexes.

Libre, enfin, parce que tu entrevoyais 1 000 champs du possible, que tu avais envie d’explorer chacun et n’étais prisonnier d’aucun.

Tu as connu des crises, tant de crises, des paysans qui souffrent, un monde agricole qui doute, 
et face à cela, beaucoup aurait renoncé, mais toi Xavier tu as résisté, proposé, et tu es allé sur le terrain sans jamais te départir de ton calme. 

Qui sait qu’en 1 an, tu es allé dans 70 départements ? 
Qui sait que tu allais le week-end, voir, sans tambour ni trompette, des paysans pour les réconforter face à la crise et face aux drames. En voyant tes collègues, tu sentais et tu savais, ce qu’il fallait faire, ce qu’il fallait dire.

C’est quand la mer est déchaînée que l’on voit les grands marins, et toi Xavier tu as affronté la houle, la foule, avec courage ! 
L’homme de la terre aimait la mer. Tu avais l’art de créer des repères, des boussoles, des caps. Le dernier en date, c’était ton livre « Notre Agriculture est en danger, ce qu’il faut faire ! » 

Tu nous laisses là une route à emprunter et un sillon tracé qu’il nous reste à suivre.

Tu as toujours défendu toutes les agricultrices, tous les agriculteurs, toutes les agricultures, toutes les régions et toutes les productions. Tu l’as fait en proposant, rassurant, calmant, apaisant et en prenant toujours une certaine hauteur.

Ta pensée profonde c’était : unifier, rassembler, trouver les points communs, faire du collectif. Et ce n’est pas rien !

Tes mots c’était dialogue pas confrontation, c’était partenariat pas division, c’était contrat pas contrainte.

Tes mots ce sont les tiens bien sûr et on va en faire les nôtres, et de ta force, on en tirera également la nôtre. 
La tristesse est là, nos cœurs sont lourds, mais gardons ton sourire dans nos têtes, tes émotions dans nos cœurs et ton courage dans nos bras.

Tu avais un amour de la France, exigeant. 
Tu espérais une belle France, prospère, combative et fière. 
Dans le même temps, et ce n’est pas contradictoire, tu avais une envie d’Europe, une Europe qui s’occupe de l’important, une Europe plus proche des gens, une Europe qui a du sens. 
Enfin, tu parlais souvent de l’Afrique, cette Afrique que tu aimais tant. 
Et je voudrais finir par cette passion que tu avais de la Méditerranée. Tes yeux s’illuminaient lorsque tu évoquais un Maghreb chaleureux, un bassin méditerranéen accueillant, ces pays du soleil et de la joie de vivre.

Tu disais, l’Europe ne peut pas se faire sans les pays qui longent la Méditerranée. 
Nous, nous allons désormais devoir faire sans toi et garder le cap, celui dont tu nous parlais si souvent, celui qu’on peut appeler le cap de bonne espérance.

Je voudrais finir cet hommage par tes propres mots Xavier, par les mots que tu nous a livrés dans ton livre. 

« Le temps est clair. Ni ma mère ni moi n’avons dormi. Nous sommes dans le pré, derrière la ferme familiale, pour rassembler les vaches avant la traite. Nous ne nous adressons pas un mot. Elle et moi savons déjà, sans l’avoir exprimé ni même avoir réfléchi, que nous commençons une nouvelle vie ».

Je pense que chacun te reconnaîtra, s’y reconnaîtra. 

Merci Xavier

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