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AGRAPI : une synergie qui porte ses fruits

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Le 27/01/2018 à 09:36 I Soyez le 1er à déposer un commentaire

Le 22 janvier s’est tenue à Tavers une réunion réunissant apiculteurs et agriculteurs. Un retour des observations de l’étude AGRAPI menée Tavers et un débat, suite à un incident survenu sur un rucher d’une commune voisine étaient à l’ordre du jour.

AGRAPI : abeilles et grandes cultures : qu’en est-il ?

Depuis deux ans maintenant des observations sont menées sur un rucher sédentaire installé sur la commune de Tavers. Ce rucher est constitué de ruches connectées permettant de suivre la production de miel à distance et en continu. L’idée est née d’une conversation entre David SOWTYS, apiculteur à la FERTE SAINT AUBIN, et un agriculteur de ce territoire du Loiret. Agriculteurs du secteur et apiculteur avaient alors décidé de partager l’initiative AGRAPI et d’y contribuer via l’installation de jachères apicoles.

Le projet a séduit la commission Apiculture de la FNSEA qui a proposé la mise en place d’un observatoire AGRAPI dans le Loiret, une étude à l’instar de quatre autres ruchers d’observations en France. L’observation Taversoise menée depuis deux ans rassemble les données de six des trente colonies présentes sur le site – leurs productions de miel, les espèces végétales butinées, le suivi sanitaire des abeilles, la recherche des résidus de produits phytopharmaceutiques- et compile aussi les pratiques agricoles de l’ensemble des agriculteurs du périmètre visité par les abeilles. Jean-Noël Ribéry, chargé de mission apiculture à la FNSEA, et Ronan Vigouroux, responsable environnement à l’UIPP, animent ce projet AGRAPI.

Des colonies d’abeilles au comportement variable

L’analyse des données recueillies montre des comportements divergents des ruches. Certaines colonies affichent une évolution correcte avec un butinage multi-espèces et une production de miel moyenne alors que quelques-unes ne s’intéressent qu’à certaines espèces végétales, sans produire le moindre miel pour l’apiculteur. La production globale de miel de ce rucher n’étant pas très importante en comparaison à un site voisin, David SOWTYS oriente son explication vers une génétique d’abeilles de mauvaise qualité ou inadaptée à ce territoire. Le remplacement des reines a été réalisé en fin d’été afin de repartir sur une nouvelle souche dès le printemps 2018.

La cohabitation avec l’agriculture

Les cultures à fleurs – colza et tournesol - sont bien représentées sur le secteur même si aucune production de miel n’a été constatée en 2017 sur le tournesol. Le manque de nectarification de ces plantes est devenu énigmatique. La région Centre-Val de Loire souffre de ce problème depuis plusieurs années, sans que des explications probantes puissent être trouvées. Ce constat est également partagé sur le territoire national.

Les analyses de résidus de produits phytopharmaceutiques sur les pollens ne démontrent pas d’anomalies particulières au regard des pratiques agricoles. A noter que tous les agriculteurs du secteur ont fournis en toute transparence l’intégralité des données sur leurs pratiques et itinéraires culturaux.

Retour sur un incident

En mars 2016 un incident était survenu sur un rucher de la Commune de Lailly en Val. Une mortalité aigue d’abeilles avait été constatée conduisant à l’instruction d’une enquête notamment chez les producteurs de colza du périmètre. Si les contrôles phytopharmaceutiques du SRAL avaient été plutôt bien appréhendés, une communication tous azimuts avaient heurté les agriculteurs quelque peu hâtivement incriminés avant toute conclusion d’enquête. Au terme de la procédure il a été établi qu’ils n’ont eu aucune mauvaise pratique agricole. Ces agriculteurs n’ont aucune responsabilité dans la mortalité aigue de ces abeilles. Néanmoins, cette suspicion a laissé un goût amer aux agriculteurs concernés.

Arnaud ROUSSEAU, Président de la FOP, et Eric THIROUIN, Président de la FRSEA Centre-Val de Loire et Président de la commission Environnement de la FNSEA, invités à cette réunion, ont fourni quelques explications. Une des communications consécutives à cet incident émanait de la FOP, et Arnaud Rousseau a tenu à présenter les excuses de cette organisation. Si cette communication avait pour objet premier de rappeler qu’une fiche de bonnes pratiques des traitements en floraison du colza avait été élaboré par la profession, force est de constater qu’elle fut trop rapide et mal maitrisée, s’avérant ainsi stigmatisante pour les agriculteurs. Un courrier personnel sera prochainement adressé aux agriculteurs concernés. Les représentants se sont aussi exprimés sur la complexité du débat autour des pratiques agricoles. L’instauration de relations constructives entre agriculteurs et apiculteurs est un atout afin de montrer aux yeux des décideurs politiques comme du grand public qu’ils cohabitent en toute sérénité quand chacun exerce son métier en bon professionnel.

Un dialogue à poursuivre

Les échanges avec les responsables ont démontré combien il était important de se comprendre et de se parler. Sur le fond de cette étude AGRAPI, chacun a constaté l’importance de l’interaction gagnante entre apiculture et agriculture. Responsables professionnels des deux secteurs (Didier ALESSANDRONI président de l’ADAPIC était présent) s’entendent à dire que des échanges doivent s’établir entre producteurs sur le terrain mais aussi à d’autres niveaux.

De nombreuses pistes de collaboration et de mise en relation restent encore à établir et seront abordés lors de prochains échanges ou chacun est appelé à participer.

 

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